Valentin

Publié le par Martin Julhes

  Valentin eut rencontré Valentine un dimanche de printemps à la piscine
Dans les douches elle se frottait alors qu'il sentait durcir sa pine

Point de vulgarité mais juste la dure réalité de la masculinit
é

Comment faire pour l'accrocher alors que dans son bikini elle se pavanait ?

Tandis que lui, confus et gêné, se plie à la règle du maillot de bain

Celle là même qui vous contraint à emporter votre serviette jusqu'au bassin

Valentine nageait si bien, sa vitesse et sa précision faisait d'elle un hydravion

Valentin papillonnait en vain, dans l'espoir d'attirer son attention

Quand soudain il but la tasse d'une eau chlorée qui donne la chiasse

Les quelques bulles à la surface firent planer le doute qu'il ne trépasse

Un gros monsieur rasé sous les bras, à l'aide de Valentine le hissa

Et allongé sur le bord du bassin, il n'avait rien d'un amphibien

Le secouriste bedonnant qui n'était pas maître nageur pour autant

Posa ses lèvres humides sur celles violettes d'un Valentin absent

Qui imaginait sa dulcinée épanchée sur lui pour l'embrasser

En découvrant son sauveur à moustache il se dit qu'il aurait préféré rester asphyxié

Valentine souriait, le monsieur s'esclaffait et Valentin vomissait intérieurement

A l'idée d'avoir roulé une pelle à Gérard cinquante-trois ans

Et Valentine à son tour but la tasse, de café cette fois

Offerte au bar par notre Don Juan qui la remercia

C'est ainsi que débuta l'histoire d'amour de ces deux là

Imaginez donc l'exaltante passion des deux amants dans leur union

Valentin ne pétait pas au lit et Valentine en était ravie

Elle lui parlait de ses deux passions, le patchwork et la natation

Lui collectionnait les dessous de verres et aimait bien boire de la bière

Au plumard rien d'excitant, les amoureux prenaient leur temps

Bien que Valentin très secrètement pensait à la chose en s'endormant

Mais un beau jour le maître nageur se transforma en séducteur

Celui qui aurait laissé crever Valentin, entrainait Valentine par la main

Dans les vestiaires encore déserts elle se retrouvait les jambes en l'air

Jusqu'au jour inévitable où Valentin apprit l'insupportable

Cette dulcinée qu'il chérissait jouait plus de pipeau qu'elle ne nageait

Et pris d'un insurmontable chagrin qu'il tenta de noyer dans le vin

Il décida de renoncer à la vengeance pour rester pur dans sa souffrance

Valentin s'est pendu après s'être torché avec ses poèmes

Valentin a mourru, il voulait seulement que quelqu'un l'aime

Et depuis ce jour de février à la date de sa mort les couples rachètent leurs pêchés

Rendant hommage d'un air coquin à ce saint qui se nommait Valentin.

SDC10720

Publié dans Poésie

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Clément 15/02/2010 13:51


Oua, c'et donc la vraie histoire? ou bien une composition de toi Martin? Dans les deux cas, un récit très bien écrit!


MRT 15/02/2010 15:02


Et oui bien sûr, je n'invente rien ;-) ! En tous cas merci pour le compliment. Ce texte date de 2007, je l'avais écrit pour une certaine soirée slam organisée par une association nommée feu Les
Temps d'Arts... Le temps passe.