Tranche de rue

Publié le par Martin Julhès

La ville de Villeurbanne est résolument art de la rue. Après le festival des Invites qui accueille chaque année différentes compagnies de rue comme Ilotopie ou Macadam Cannibal en juin dernier, c'est à l'occasion de la Fête des Lumières que la ville remet le couvert. Quoi de plus agréable que de se laisser aller à rêver place Lazare-Goujon - au milieu des minots qui s'en donnent à coeur joie - devant un spectacle de la compagnie drômoise Transe Express qu'on ne présente plus. Les deux groupes de chapeliers fous arrivent en tambourinant façon battucada, avant de s'embarquer sur des grues à plus de 30 mètres du sol, pour un concert aérien avec comme seul décor l'univers urbain qui s'impose. Les deux "mobiles-hommes" géants de ferraille se mélangent avec l'immense grue surplombant le TNP (Théâtre National Populaire) qui est en travaux depuis un moment ; personne n'a pu se soustraire à l'annonce de sa réouverture à l'automne 2010... Le spectacle est féerique : les musiciens accompagnés d'une trapéziste se balancent en s'approchant parfois à proximité des balcons où siègent des habitants attentifs et conquis, les percussions sont prenantes et d'énormes poursuites illuminent la scène. Le show peine parfois à entrer dans l'autre dimension, on en aurait peut-être bien vu et entendu un peu plus, mais comment ne pas se délecter de la vie quand elle ne tient qu'à un file ? Christian -  chapeau de cow-boy vissé sur le crâne - en profite lui, il danse les deux pieds dans la fontaine, chaussé de ses bottes texanes tout en faisant tourner sa canne au dessus de son crâne. Les gamins se marrent et forcément on les imite. On finira par manger des cuisses de grenouilles, dans la Brasserie du Théâtre, en bavardant autour d'un verre de mauvais Côte du Rhône avec papi Christian qui ne pourra retenir une larme. Tranche de rue.

Publié dans Report

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