Money money

Publié le par Martin Julhes

L'autre jour j'ai eu la chance d'apprendre que la Fondation BNP Paribas (la BNP est classée au 24ème rang mondial des plus grandes entreprises en 2008 selon son chiffre d'affaire) redorait son image à hauteur de 3,5 millions d'euros par an en soutenant des projets culturels et cela sans recevoir plus de l'équivalent de 25% des sommes offertes généreusement en contrepartie (c'est la loi) : publicités diverses, réceptions luxueuses dans des bâtiments nationaux, nombreuses places de spectacle à offrir entre autre aux actionnaires, etc. Sans parler des réductions d'impôts qui bénéficient aux multinationales philantropes de ce genre car elle lâchent moins de 1% de leurs bénéfices à des structures dont l'action est qualifiée d'intérêt général paraît-il.

Dans ce pays où la culture est encore largement subventionnée par l'Etat et les collectivités territoriales (surtout), on nous explique gentiment à nous, professionnels du secteur, qu'il va falloir penser à trouver de l'argent ailleurs et notamment dans le privé. Quand on sait que la Fondation BNP Paribas ne soutient pas plus d'un projet sur les 4 000 demandes qu'elle reçoit chaque année, on se dit qu'on a intérêt à avoir le bras sacrément long si on veut pouvoir chatouiller le porte-monnaie de cette super-banque d'un monde qui change et qui possède plus de 200 000 employés à travers le monde. En tout cas avec les frais sur compte, les agios, les intérêts d'emprunts et les daillys on peut écrire en gros sur la page de garde du dossier de présentation qu'on est des bons clients...

Le mécénat d'entreprise c'est l'avenir, ça permet de subventionner la culture dont l'Etat se désengage un peu plus chaque année. Aucune transparence sur le choix des projets certes mais les entreprises côtées en bourse elles au moins elles payent en janvier et pas six mois après l'évènement. Puis comme ça elles seront bien notées nos amies les multinationales car elles aussi elles veulent changer le monde. Et si on a pas envie de voir apparaître le logo d'une entreprise du CAC 40 sur sa pochette d'album ou sur son affiche de spectacle et bien on a qu'à crever la bouche ouverte ou alors changer de métier. Pour aller enseigner à l'université par exemple, il paraît que là-bas il n'y a pas encore de logos sur les porgrammes. Quoi que les libertés et les responsabilités des universités ça se paye...

Publié dans Coup de gueule

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